Hier 11 décembre 2005 c'était les 27 ans de ma grande fille Caroline.

Après les 18 ans de la "petite" Marianne, le 1er décembre, c'était le tour de sa grande soeur.

Déjà 27 ans que je mettais au monde ce premier enfant qui devait changer toute ma vie.

J'étais d'une timidité terrible et j'ai dû apprendre à la surmonter pour affronter seule ma grossesse et mon accouchement et ensuite toutes les étapes de la croissance de ma fille.

J'avais eu un véritable coup de foudre pour son père biologique.

En deux mois il habitait dans mon appartement et j'étais enceinte !!!

En 4 mois, j'étais déçue par l'attitude hautaine de mon compagnon, qui prenait tout le monde pour des moins que rien et se trouvait meilleur que tout le monde... Ca commençait à m'agacer...

Puis vinrent les petits mensonges, pour des bricoles, et ensuite le manque de confiance que j'ai éprouvé pour lui, devant les milles petites bêtises ou les mensonges qu'il faisait.

Un jour il a même pris ma voiture en sortant du boulot à 5 heures du matin (il travaillait de nuit) pour ramener un copain chez lui (peut être) alors qu'il n'avait pas le permis de conduire...

A force de mensonges je me suis lassée et me suis vite rendue compte que jamais je ne pourrais faire ma vie avec une personne à qui je ne pouvais plus faire confiance. J'ai donc décidé de rompre malgré ma grossesse.

S'en est suivi une grande dispute où il en est venu aux mains, et à la suite de laquelle j'ai dû porter plainte pour coups et blessures et le faire évacuer de mon appartement par les gendarmes.  

Raconté ainsi ça parait simple, mais à ce moment là j'étais terriblement traumatisée et choquée d'en être arrivée à porter plainte contre le père de l'enfant que je portais. J'ai oublié de dire qu'il buvait plus que de raison et que ça c'était pour moi impensable.

J'ai donc continué ma grossesse seule, parce que quand je l'ai laissé tomber j'étais enceinte de plus de 4 mois.

Les mois ont été difficiles mais j'ai développé une relation particulière avec ce bébé qui grandissait en moi et à qui je parlais pour me rassurer et le rassurer.

J'étais secretaire intérimaire, mais plus mon ventre grossissait moins j'avais de missions pour travailler....

C'est à cette époque là, alors qu'âgée de 24 ans, je me suis mise à fond dans le tricot, j'ai tricoté tout ce que j'ai pu pour mon bébé à venir, pleins de chaussons, des tenues pulls et pantalons assortis avec les chaussons bien sûr....

J'habitais un meublé vers l'école St Allyre à Clermont Ferrand. Le coin était calme sauf à l'entrée et à la sortie de l'école !!!!

Mes fenêtres donnaient sur la place devant l'école et par dessus le mur du couvent, où le soir je voyais les soeurs se promener dans le parc et le jardin. C'était une scène qui m'apportait la paix du coeur et de l'âme c'était reposant de voir ces personnes calmes et détendues dans leur foi, cela me faisait chaud au coeur et parfois j'avais envie de me promener avec elles dans cet endroit calme et reposant, qui donnait l'impression que nul soucis ne pouvaient pénétrer.

Voila où j'ai passé les 8 mois et demi de ma grossesse.

Et où je suis revenue de la maternité environ 7 jours après mon accouchement, avec cette petite chose que j'avais fabriquée et qui comptait sur moi pour toute une vie !!!!

J'avoue que le jour où je suis rentrée de la maternité et qu'après que ma propre mère m'aie laissée chez moi avec ma petite fille d'une semaine dans les bras, et que fièrement et courageusement je lui ai dit, oui, ça va aller, tu peux partir, je n'en menais pas large.... j'ai d'ailleurs pleuré pendant de longues minutes seule avec ma fille dans les bras en me demandant comment j'allais faire pour m'en sortir.... je n'avais pas de travail fixe, seulement de l'intérim....

Et me voila 27 ans plus tard, je ne m'en suis pas trop mal sortie après tout et les années passées seules, ma fille et moi sont des années de bonheur, même si la solitude parfois était très dure à supporter.

J'ai eu la chance de profiter de ma fille au mieux, de créer un lien particulier avec elle, et d'être aidée par ma mère qui ne m'a jamais jugée mais toujours été présente et sur qui j'ai toujours pu compter.

Ma Caroline m'a donné la plus belle récompense à tous mes efforts et à toutes mes peines du passé en me donnant à son tour une petite fille et en l'aimant encore plus que moi je l'ai aimée... si c'est possible.

Quand ma Caro a eu environ 4 ou 5 ans je lui ai fait un poème résumant mon émotion à sa naissance. Il est tjs d'actualité et je n'ai pas pu en faire de même pour ma deuxième fille parce que le premier enfant  c'est la découverte de son corps et de sensations tellement nouvelles et tellement émouvantes que je n'ai pas pu les ressentir pareillement pour la suivante. Ca c'est une autre histoire encore....

Un de ces jours je chercherai ce poème et je vous le livrerai dans son entière naïveté.

Tout ça pour dire qu'hier c'était les 27 ans de ma grande fille et que nous sommes allées Marianne et moi lui rendre visite avec un gâteau fait par sa soeur, du pain fait par mon chéri Marc, et un sac de provisions, de plusieurs kilos, avec de la farine, de l'huile, du sucre, du café, du thon, des pates, du riz, du foie gras, du vin rouge, du blanc, des chocolats, du nutella, un père noel en chocolat, des oeufs, des terrines, des noix, etc...;  bref de quoi allèger ses dépenses et leur permettre à elle et à son compagnon d'améliorer leur ordinaire, car les temps sont durs pour un comédien et ma fille qui débute juste dans la tapisserie et n'est pas encore à son compte mais juste des petits travaux pour l'instant.

Nous avons passé une après midi magnifique avec ma petite fille qui commence à faire le pitre et à vouloir jouer à cache cache et faire des bisous.

Voilà un moment de bonheur pur, qui vaut de l'or.