Mon enfance a été dans l'ensemble heureuse, mais il est des évènements qui ont assombri celle-ci et que j'ai gardés pour moi tout ce temps.

J'adorais comme je l'ai déjà dit  tous mes grands parents, ceux de la campagne étaient très différents de ceux qui étaient en ville, mais ils étaient complémentaires.

Nous allions à la campagne pratiquement tous les dimanche, j'étais malade en voiture, aussi quand c'était les vacances je restais chez mes grands parents d'un dimanche sur l'autre , ça m'évitait quelques voyages en voiture et en général je ne m'ennuyais pas du tout là-bas.

J'avais mes petites habitudes, les chats que j'apprivoisais, et le petit fils d'une voisine de ma grand mère, qui fut peut être mon premier amoureux, j'avais 9 ans, lui aussi et il s'appelait Philippe.

On jouait à la dînette, je "cuisinais" des herbes et des cailloux !!!!

On faisait des promenades, j'accompagnais mon grand père garder les vaches, on jouait avec les têtards des mares.........

Hélas, vers cette période mon grand père paternel a eu des gestes qu'il n'aurait jamais dû avoir, et mes nuits sont devenues des cauchemars.... dès que mes parents sont revenus au we d'après je leur ai dit que je voulais rentrer avec eux, alors que d'habitude je ne voulais que rester....

Étonnés tout le monde m'a demandé pourquoi, qu'il devait y avoir une bonne raison, je n'ai rien dit.... Est ce qu'ils ont deviné ? je ne saurais le dire, je ne l'ai jamais dit, sauf à mes maris....

D'un dieu mon grand père était devenu un bourreau et ça c'était très dur à assumer et à croire, je pense que j'ai refoulé bcp de choses dans ma mémoire et que si je faisais une thérapie il ressortirait d'autres choses, seulement voilà, celles dont je me rappelle sont bien suffisantes pour m'angoisser, j'ai pas trop envie d'en savoir plus.

J'ai toujours eu une attitude vigilante et un peu soupçonneuse vis à vis des hommes qui ont approché mes propres filles.....

A cette époque là on ne parlait pas de ces choses là, qui aurait pu me croire d'ailleurs ?

Plus rien n'a été comme avant après ça, j'aimais moins aller à la campagne même si la naissance des petits veaux étaient pour moi un spectacle merveilleux, même quand il devait y avoir une césarienne sur une vache j'étais là à regarder le miracle de la vie....

Mon grand père est mort dans son étable en trayant ses vaches.... j'étais mariée et j'avais 20 ans, il faisait un froid glacial, il y avait de la neige partout et l'église, classée, n'était pas chauffée....

Quand ma grand mère, qui avait peut être compris ce qui c'était passé, est décédée j'étais enceinte de ma première fille et j'ai regretté qu'elle n'ait pas eu la force de tenir jusqu'à la naissance de ma Caroline.

La vie est ainsi faite....

Il n'y a que quelques mois que j'ai ouvert mon coeur et ma mémoire à mon médecin, qui me suit depuis longtemps et qui d'un seul coup a compris mes gestes, mes paroles et mes attitudes et même  les maladies que j'avais eues ou que j'avais.

Depuis il me soigne différemment et me sert de psy.... il connaît mes peurs, mes frayeurs, mes blessures et les recherches que j'ai pu vouloir faire à travers les différents hommes de ma vie.

Reste l'attitude de mon père, qui n'était jamais là avec nous, qui exigeait qu'on fasse ceci ou cela mais qui jamais n'avait un geste de père envers nous..... Il était très coléreux, aussi ma mère cachait parfois nos petites bêtises, parce que les punitions n'étaient absolument pas proportionnelles aux bêtises ....

En plus il a trompé ma mère pendant les 17 ans de leur mariage....

Ma mère le savait, et je comprends pourquoi du jour au lendemain les voisins, avec qui nous passions bcp de temps à partager les fêtes et les repas, on n'a plus eu le droit de les fréquenter !!!!

Elle attendait que je sois grande pour divorcer et quand j'ai eu 14 ans (je suis la petite dernière) elle a commencé par aller travailler à l'usine, puis elle a passé son permis de conduire, elle a acheté une petite voiture, nous sommes enfin partis en vacances ailleurs qu'à la campagne chez les grands parents, nous sommes allés au bord de la mer à Bayonne, rien que ma mère, mon frère, ma soeur et moi et une amie de la famille qui avait 20 ans et qui rêvait de partir à la mer.

Petite anecdote, nous avions loué par l'intermédiaire d'un cousin de mon père qui habitait Bayonne une chambre dans un appartement dont les deux autres chambres étaient louées, l'une par un étudiant, l'autre par un militaire.... nous avions tous le droit d'utiliser la cuisine, les wc et la salle de bain, à condition de respecter le repos de chacun....

Notre amie a rencontré celui qui allait devenir son mari, devant la salle de bains, il en sortait, elle y rentrait...... ils ne se sont plus quittés.... c'était le militaire....... étonnant la vie quand même !!!!

Nos premières vacances à la mer ont été magnifiques..... pique nique sur la plage avec du sable dans nos plats !!!!

Baignades toute la journée

Visite des environs, le bon air de la mer  c'était magique loin des colères de mon père....

Puis un jour de 1969 ma mère a demandé le divorce, nous avions préparé nos valises en douce, elle avait préparé quelques cartons mis au grenier sans que mon père s'en aperçoive, il nous aurait tués !!!! et le jour où il devait recevoir sa notification de divorce nous avons déménagé avec des amis dans un petit appartement du centre de Clermont (petite cuisine) une pièce à vivre qui servait de salle à manger et de chambre pour ma mère, et au fond derrière un rideau une petite pièce avec une petite lucarne pour nous 3, ma soeur  et moi dans le même lit et mon frère sur un lit de camp !!!! pas de salle de bain, les WC sur le palier..... à côté de notre villa en banlieu ça changeait, mais ce qui changeait vraiment c'était le calme retrouvé, la paix et la tranquillité, plus peur des coups et des cris.....

Pour aujourd'hui j'en ai assez dit.... je dois digérer tout celà avant de continuer.

Merci pour ceux qui lisent et qui comprennent.